Monsieur le Maire,
Madame La Vice Présidente du Conseil Général du Nord,
Mesdames et Messieurs les Conseillers Municipaux de l’agglomération
Monsieur le Président des Anciens Combattants,
Monsieur le Porte Drapeaux,
Mesdames et Messieurs les Président des associations,
Mesdames et Messieurs,
Pour la troisième année consécutive, nous nous retrouvons ici à Zuydcoote pour honorer la mémoire des Tirailleurs d’Afrique, d’Asie, du Maghreb et de l’Océan Indien, morts pour la France lors de la Première Guerre Mondiale.
Ce 90ièm anniversaire de l’Armistice de 1918 se déroule désormais sans le concours des acteurs directes de cette guerre. Les soldats engagés dans ce conflit particulièrement meurtrier ont tous disparus. Avec eux, ils ont emmené une part de mémoire vivante laissant à notre génération et à celles qui suivent le soin de maintenir le souvenir de leur sacrifice.
En venant ici à Zuydcoote, nous voulons nous incliner devant la mémoire de ces 1174 soldats tombés au front. Ces hommes vaillants ont donné à la France l’une de ses plus belles victoires. Non loin d’ici entre Dixmuide et Ypres, ils ont donné de leur vie pour contraindre les puissantes armées germaniques à reculer. Dans les champs et dans les Dunes, ils ont engagés toutes leurs forces pour stopper cette ruée et ainsi protéger notre région des assauts de l’ennemie. Parmi ces hommes, dans une tenue frappée de l’emblème du Croissant de l’Armée d’Afrique, plusieurs bataillons de Tirailleurs ont tenus tête. Ils venaient de Madagascar, du Sénégal, d’Algérie, du Maroc, du Bénin…
En 1914, ils seront près de un million à combattre. Parmi ces effectifs, 290 000 seront issus de cette glorieuse armée. Ils combattront sur tous les Fronts, en France, aux Dardanelles où les Tirailleurs Sénégalais représenteront à eux seuls la moitié des effectifs engagés. Dans les Balkans ou en Palestine, ces troupes s’illustreront aux cotés de leurs frères d’armes avec courage et discipline.
A Dunkerque, ce seront près de 3000 ou de 4000 Tirailleurs qui s’engagèrent dans les combats. Parmi eux 2000 Tirailleurs Sénégalais seront placés sous le commandement de l’Amiral Ronarc’h, fondateur des Fusiliers Marins.
En nous remémorant l’ engagement massif de ces hommes, nous ne pouvons que regretter le fait que les cérémonies organisées à Dunkerque pour le 90 ièm anniversaire de l’Armistice n’aient, à aucun moment, choisies de rendre un hommage à ces soldats venus du Sud. L’engagement de ce que nous avons appelé « La Force Noire » continue d’être la grande oubliée de ces commémorations.
Pourtant dans ce cimetière militaire, en marchant le long des rangées funéraires, vous remarquerez la forme de ces plaques tombales toutes dirigées vers La Mecque. Elles sont au nombre de 131. Alignées aux cotés des tombes juives et chrétiennes de leurs frères, elles témoignent pour l’éternité.
Nous tous ici, avons voulu en cette journée de commémorations, rendre un hommage particulier à ces soldats lointains. En lieu et place de leurs familles qui ignorent sûrement ces lieux de sépultures, nous voulons dire notre reconnaissance éternelle.
Quatre vingt dix ans après cette guerre meurtrière, nous voulons maintenir cette mémoire vivante et avec elle le souvenir d’une armée française diverse et fraternelle.
Loin des préjugés qui accablent la jeunesse de notre pays, nous voulons que la France, les Françaises et les Français, n’oublient jamais que le racisme, l’antisémitisme et la discrimination constituent une véritable insulte à la mémoire de ceux à qui nous devons d’être libre et indépendant aujourd’hui.
Qu’il me soit donné l’occasion de remercier Monsieur le Maire de Zuydcoote de nous avoir permis d’honorer nos grands pères dans la dignité et la solennité. Qu’il me soit aussi permis de remercier son prédécesseur, Monsieur Philippe Defurnes pour la spontanéité avec laquelle, il y a trois ans, il nous a ouvert les portes de ce cimetière.
L’Histoire de notre pays, c’est aussi l’histoire de ces hommes. Qu’ils aient été noir et enturbanné ou fils des Flandres, ils sont morts pour la France.
Aux enfants de France désormais de s’approprier cet héritage. A eux de prendre soin de cette mémoire et de se souvenir. Je les invite à lire chacun des 75 noms de ces Libérateurs courageux pour que cette mémoire, notre mémoire, ne se perde jamais dans les sables de l’oubli.
Pour la France et pour ses enfants, ne les oublions jamais.
Vive la République,
Vive la France.