Hier soir s'est déroulée à Dunkerque, la déclinaison locale du "Grand débat sur l'Identité Nationale" organisée par la Sous-Préfecture de Dunkerque. Ce rendez-vous auquel, l 'association "Egalité Républicaine" a été conviée n'a pas recueilli l'assentissement de ses membres si bien qu'elle a renoncé à s'y rendre.
La tenue de ce débat tout autant que le sujet lui même, s'inscrit, en effet, dans un contexte qui ne se prête pas du tout à ce genre d'introspection. La France va mal et avec elle, des millions de français qui souffrent de la crise et de ses effets. Certains
ont perdu ou vont perdre leur emploi. Les déficits publics colossaux atteignent des niveaux jamais atteint auparavant. Notre système de protection sociale est attaqué de toutes parts et au milieu de cette actualité explosive, le gouvernement nous invite
à réfléchir tranquillement à l'identité de notre pays. Comme si, nous n'avions que cela à faire…
Il ne faut cependant pas se méprendre sur les raisons de notre non participation. Nous n'avons pas peur de ce sujet dont nous ne nions pas l'intérêt. Il va de soi que la France a besoin de se ressourcer mais pas dans ces conditions. De toute évidence, ce
débat ne sert que les intérêts électoraux du gouvernement actuel.
En vérité et chacun le mesure, ce débat voulu par un Président de la République en mal de popularité secondé par un Ministre qui ne peut vivre politiquement que dans la surenchère permanente, est fait pour détourner notre attention des vrais problèmes
qui nous assaillent.
Ce pays, nous l'aimons, dans la beauté de ses paysages et de sa terre. Nous l'aimons aussi dans ses cauchemars et si parfois nous ne comprenons pas toujours ses sautes d'humeurs, nous nous inclinons toujours devant la force de son message universel de Liberté, d'Egalité et de Fraternité.
Qu'importe que certains n'y comprennent rien.
Qu'importe que nous soyons constamment sous le feu de l'actualité et que chacun de nos gestes et de nos mots soient triturés pour servir les tenants d'une France honteuse et refermée sur elle même.
Que certains veulent interdire les minarets, soit !
Que d'autres veuillent que nous enfermer dans des schémas insupportables
entre le sauvage décérébré et le barbu fanatisé, soit !
Toutes ces postures ne nous feront pas changer d'avis. La France éternelle, celle qui s'est emparée de la Bastille en 1789, celle qui s'est battue à Valmy au crie de Vive la République, celle qui dans les villes et campagnes de la France occupée s'est organisée pour conjurer le sort que la barbarie nazie voulait lui imposer. Cette France là est notre bien aimé pays et que personne ne s'y trompe. Si d'aventure à l'occasion d'une rencontre sportive des gamins lèvent parfois un drapeau qui n'est pas celui de la France, si parfois dans une salle de mariage retentit le youyou joyeux de mamans émues, si enfin un gamin de quinze ans s'offre parfois, un instant de singularité en s'affirmant plus breton que français, ne craignons pas ces états.
Ils sont ceux d'une France qui, malgré tout, sait se faire aimer.
Ce vieux pays en a vu d'autres et ce ne sont pas quelques burquas anachroniques qui doivent lui indiquer la marche à suivre.
La France vaut mieux que cela.
Nordine HENNI
Saturday, December 12, 2009
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