Thursday, October 23, 2008

COMMUNIQUE

C’est avec beaucoup de tristesse et d’émotion que nous venons d’apprendre la disparition de Monsieur Henri LOORIUS, Adjoint au Maire de Dunkerque et Vice-Président de la Communauté Urbaine de Dunkerque.

Militant du Logement Social avec lequel nous avons eu, parfois, des divergences, Monsieur Henri LOORIUS aura été un élu dunkerquois, rigoureux et travailleur. Avec lui, la Ville de Dunkerque perd l’un de ses plus fidèles serviteurs.

L’association « Egalité Républicaine » présente à sa famille et à l’ensemble de ses amis et collègues ses sincères condoléances.

Sunday, October 19, 2008

"Le patronyme condamne à vivre dans un quartier plutôt qu'un autre."


Article paru le Jeudi 02 octobre 2008 dans le quotidien "La Voix du Nord".





« Dis-moi comment tu t'appelles, je te dirai où tu logeras, ou plutôt, où tu ne logeras pas » : en substance, voilà le constat dressé par l'association Égalité Républicaine, qui vient de boucler une enquête sur les logiques de peuplement des familles présentant un « patronyme potentiellement discriminant » (sic) dans les HLM de Dunkerque. Conclusion ? Selon l'association, qui oeuvre pour la mixité sociale et culturelle dans les quartiers, « le patronyme joue clairement dans l'attribution des logements ».


Réalisée de novembre 2007 à mars 2008, l'enquête a été menée en partenariat avec la Plateforme de l'égalité (1) et a reçu l'agrément de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL). « Elle a porté sur plus de 6 000 logements, répartis sur l'ensemble de la ville, explique Nordine Henni, président d'Égalité Républicaine et membre de la Plateforme de l'égalité. Notre étude a été menée sous la forme d'un recensement patronymique et visait à déterminer d'éventuelles pratiques discriminatoires dans la distribution du logement social à Dunkerque. Malgré nos sollicitations, les bailleurs sociaux n'ont, malheureusement, pas voulu y participer. » Quid de la méthode utilisée ? En fait, elle a consisté à relever à chaque entrée d'immeuble le nombre de logements habités par des familles présentant un « patronyme potentiellement discriminatoire » (expression imposée par la CNIL), c'est-à-dire à consonance arabe et/ou africaine. « L'enquête n'est pas exhaustive mais constitue une précieuse contribution au débat, poursuit Nordine Henni. Elle est une indication de la manière dont le peuplement est organisé à Dunkerque, notamment en ce qui concerne les familles que nous avons ciblées. »

Ainsi, si les ghettos à l'américaine n'existent pas à Dunkerque, l'enquête révèle que les logiques de peuplement des territoires restent très marquées. « La fracture spatiale qui sectionne la ville en deux selon un partage est-ouest est la résultante de pratiques anciennes, qui se poursuivent aujourd'hui et privilégient la concentration à la dispersion. Cela est vrai dans le domaine du logement ancien, mais aussi dans le neuf, où les taux d'occupation du parc social par les familles cibles sont maintenus à des niveaux extrêmement bas. » D'un point de vue géographique, l'enquête conclut que les familles ciblées sont maintenues dans des quartiers précis, situés à l'ouest et à la périphérie (Carré de la Vieille, Banc Vert), alors que les quartiers situés à l'est de la ville (Malo, Rosendaël) restent globalement hermétiques aux familles portant un « patronyme potentiellement discriminatoire ». Discrimation ethnique ou discrimination économique et sociale ? Se basant sur les informations recueillies lors de ses permanences, Égalité Républicaine, elle, souligne ce qui lui apparaît comme une évidence : « Il faut cesser de considérer les "familles cibles" comme irrémédiablement attachées à la précarité et reconnaître que la variable patronymique agit comme un critère dans l'attribution de logement. En clair, dire que le patronyme vous condamne à vivre dans un quartier plutôt qu'un autre est une réalité », assure Nordine Henni.


Face à ce constat, Égalité Républicaine émet une série de recommandations, qu'elle fera remonter aux élus locaux et aux bailleurs sociaux : « Il faut lever le verrou sur la partie est de la ville et augmenter le taux d'occupation de 2 %. Il faut encore desserrer l'étau dans le logement neuf et revoir à la hausse les plafonds qui semblent avoir été adoptés. » Et Nordine Henni de conclure : « Nous proposons aussi de mettre en oeuvre le principe d'anonymat des dossiers de demandes de logement et de rendre les procédures d'attribution transparentes, en clarifier par exemple les critères. » • OL. D.


1) La Plateforme de l'égalité regroupe quinze associations dunkerquoises, toutes engagées dans la lutte contre les discriminations