Pour sa première opération collective la « Plate forme de l’Egalité » a réussi le pari de réunir plus de 100 personnes pour débattre d’un sujet sensible s'il en est; les discriminations dans le logement social à Dunkerque. Cette rencontre s’est déroulée ce vendredi 08 février dans la superbe salle des marchés de la Maison de la Vie Associative où dirigeants d’associations (Mrap, LDH, LICRA, Retour Gagnant, AJS, Egalité Républicaine, Imani,) professionnels du logement social (Cottage Social, Parthenord), Responsable de l’urbanisme (AGUR) Responsable du Parquet ( Pôle anti discrimination du Parquet de Dunkerque), bailleurs privés (Logéka) et associatifs (Habitat et Humanisme www.habitat-humanisme.org), sont venus nombreux pour débattre de la situation du logement social à Dunkerque.
Devant une salle pleine, les intervenants ont tour à tour développé leurs approches notamment pour mettre en exergue une réalité désespérante où la demande continue de gonfler pendant que l’offre, elle, se stabilise.
Devant une salle pleine, les intervenants ont tour à tour développé leurs approches notamment pour mettre en exergue une réalité désespérante où la demande continue de gonfler pendant que l’offre, elle, se stabilise.
Avec 7000 demandes en instance, le logement croit péniblement de 400 logements nouveaux chaque année. A ce rythme, il faudrait près de vingt ans pour retrouver un équilibre sans compter les 700 à 800 nouveaux ménages qui se forment chaque année dans l’agglomération. Les objectifs affichés par la Communauté Urbaine et qui visent à construire 750 logements restent manifestement en deçà de ce qu’il faudrait faire pour résorber le déficit abyssal qui se creuse.
Pour le seul bailleur social « Le Cottage Social des Flandres » la demande est exponentielle. Elle atteindrait 600 demandes par mois pour une disponibilité estimée à 50 logements remis sur le marché chaque mois ( turn over). Face à cela, « Le cottage social des Flandres » affiche un parc immobilier composé de 6000 logements qui s’accroît chaque année de 150 nouvelles constructions à peine ( accession à la propriété incluse ainsi que pour la location des ménages dont les revenus excédent les plafonds d’accession au logement social).
Le calcul, là aussi, est vite fait, 600 dossiers pour 50 logements disponibles chaque mois, c’est 550 rejets soit 92% de refus !
Cette réalité ne manque pas de surprendre quand on sait que les prévisions de logement sont connues très en amont. La question qui se pose dès lors est de savoir comment a t-on pu laisser filer la demande sans prévoir un grand plan de construction de logements ?
La crise de l’habitat collectif est passée par là mais en attendant, les français sont de plus en plus mal logés. Dans un pays qui affiche, quoiqu’on en dise, une belle santé économique, voir des gens qui travaillent (ou sans travail d’ailleurs) logeant sous des tentes dans les petits bosquets des grandes villes de France est un véritable scandale.
Dans ce contexte où la tension entre l’offre et la demande est à son comble, les phénomènes discriminatoires s’accroissent et laissent ainsi sur le carreau des familles entières sans aucune solution de logement.
Evidemment tous les bailleurs sociaux se défendent de pratiquer la discrimination mais ils reconnaissent à demi mot que l’attribution d’un logement répond à une multitude de critères et procède nécessairement d’une sélection. Le tout est de savoir sur quel fondement elle s’opère.
A Dunkerque et selon Madame Pautrel Substitut du Procureur de la République, jamais aucune plainte pour discrimination à l’accès au logement n’a été instruite. Ce constat factuel ne veut évidemment pas dire que la discrimination n’existe pas. Le problème est une fois de plus, celui de la matérialisation de la preuve, qui dans un état de droit, constitue la pierre angulaire de l’accusation.
Comment dès lors combattre efficacement la discrimination sans l’aide de la Justice ? Car comme le disait fort justement une participante « Si la discrimination est difficilement repérable en Droit et que nous savons dans le même temps qu’elle est pratiquée sous le manteau, comment allons nous sortir de ce cercle infernal ? ».
Une ébauche de réponse à la question est venue non pas de la Justice mais de Roland Fourmentel, adjoint au Maire de Dunkerque (intervenant en sa qualité de membre de la Plate forme de l’Egalité) qui s’est interrogé sur la composition des commissions d’attribution en proposant d’élargir la représentation associative aux associations qui ne représentent pas nécessairement les locataires.
Cette proposition qui a le mérite de s’intéresser aux sources du processus d’attribution est une piste qu’il convient peut être d’expérimenter en tous cas, la Plate Forme se propose de la relayer auprès des bailleurs sociaux qui pourraient, même si les textes ne le prévoient pas, l’expérimenter.
L’après midi s’est terminée avec les interventions de Monsieur Luc Bonnenfant de la société LOGEKA et de Monsieur Gérard Coliche de l’association « Habitat et Humanisme » (www.habitat-humanisme.org).
Le premier s’est intéressé au secteur privé et à son fort potentiel. La réalité de la discrimination y est plus sensible même si le pragmatisme économique suffit souvent à lever les difficultés. L’entreprise qu’il gère vise précisément à relier le propriétaire et le client en tentant de limiter les prétentions des propriétaires qui souvent finissent par accepter dans 80 % des cas de louer leurs logements.
Le second quant à lui s’est donnée comme mission de lutter contre le fléau du mal-logement en développant, à l’intention des plus démunis, l’accès à un habitat de mixité sociale. Son objectif est d’ouvrir la ville aux personnes défavorisées en recherchant dans le logement diffus une réponse à l’exigence de mixité sociale.
L’association monte des opérations de logement ( construction et réhabilitation) en s’appuyant sur les finances et l’épargne solidaires. Dans la région, elle a crée depuis 1994 une soixantaine de logements.
Le débat doit se poursuivre car plus que jamais le logement est un sujet clé dans la recherche de l’harmonie sociale. Dans la perspective de la construction du quartier « Le Grand Large » le plus grand quartier de ces trente dernières années à Dunkerque, il convient de poursuivre la mobilisation pour que le dernier né de l’urbanisation local soit un succès en terme architectural et de mixité.
Pour le seul bailleur social « Le Cottage Social des Flandres » la demande est exponentielle. Elle atteindrait 600 demandes par mois pour une disponibilité estimée à 50 logements remis sur le marché chaque mois ( turn over). Face à cela, « Le cottage social des Flandres » affiche un parc immobilier composé de 6000 logements qui s’accroît chaque année de 150 nouvelles constructions à peine ( accession à la propriété incluse ainsi que pour la location des ménages dont les revenus excédent les plafonds d’accession au logement social).
Le calcul, là aussi, est vite fait, 600 dossiers pour 50 logements disponibles chaque mois, c’est 550 rejets soit 92% de refus !
Cette réalité ne manque pas de surprendre quand on sait que les prévisions de logement sont connues très en amont. La question qui se pose dès lors est de savoir comment a t-on pu laisser filer la demande sans prévoir un grand plan de construction de logements ?
La crise de l’habitat collectif est passée par là mais en attendant, les français sont de plus en plus mal logés. Dans un pays qui affiche, quoiqu’on en dise, une belle santé économique, voir des gens qui travaillent (ou sans travail d’ailleurs) logeant sous des tentes dans les petits bosquets des grandes villes de France est un véritable scandale.
Dans ce contexte où la tension entre l’offre et la demande est à son comble, les phénomènes discriminatoires s’accroissent et laissent ainsi sur le carreau des familles entières sans aucune solution de logement.
Evidemment tous les bailleurs sociaux se défendent de pratiquer la discrimination mais ils reconnaissent à demi mot que l’attribution d’un logement répond à une multitude de critères et procède nécessairement d’une sélection. Le tout est de savoir sur quel fondement elle s’opère.
A Dunkerque et selon Madame Pautrel Substitut du Procureur de la République, jamais aucune plainte pour discrimination à l’accès au logement n’a été instruite. Ce constat factuel ne veut évidemment pas dire que la discrimination n’existe pas. Le problème est une fois de plus, celui de la matérialisation de la preuve, qui dans un état de droit, constitue la pierre angulaire de l’accusation.
Comment dès lors combattre efficacement la discrimination sans l’aide de la Justice ? Car comme le disait fort justement une participante « Si la discrimination est difficilement repérable en Droit et que nous savons dans le même temps qu’elle est pratiquée sous le manteau, comment allons nous sortir de ce cercle infernal ? ».
Une ébauche de réponse à la question est venue non pas de la Justice mais de Roland Fourmentel, adjoint au Maire de Dunkerque (intervenant en sa qualité de membre de la Plate forme de l’Egalité) qui s’est interrogé sur la composition des commissions d’attribution en proposant d’élargir la représentation associative aux associations qui ne représentent pas nécessairement les locataires.
Cette proposition qui a le mérite de s’intéresser aux sources du processus d’attribution est une piste qu’il convient peut être d’expérimenter en tous cas, la Plate Forme se propose de la relayer auprès des bailleurs sociaux qui pourraient, même si les textes ne le prévoient pas, l’expérimenter.
L’après midi s’est terminée avec les interventions de Monsieur Luc Bonnenfant de la société LOGEKA et de Monsieur Gérard Coliche de l’association « Habitat et Humanisme » (www.habitat-humanisme.org).
Le premier s’est intéressé au secteur privé et à son fort potentiel. La réalité de la discrimination y est plus sensible même si le pragmatisme économique suffit souvent à lever les difficultés. L’entreprise qu’il gère vise précisément à relier le propriétaire et le client en tentant de limiter les prétentions des propriétaires qui souvent finissent par accepter dans 80 % des cas de louer leurs logements.
Le second quant à lui s’est donnée comme mission de lutter contre le fléau du mal-logement en développant, à l’intention des plus démunis, l’accès à un habitat de mixité sociale. Son objectif est d’ouvrir la ville aux personnes défavorisées en recherchant dans le logement diffus une réponse à l’exigence de mixité sociale.
L’association monte des opérations de logement ( construction et réhabilitation) en s’appuyant sur les finances et l’épargne solidaires. Dans la région, elle a crée depuis 1994 une soixantaine de logements.
Le débat doit se poursuivre car plus que jamais le logement est un sujet clé dans la recherche de l’harmonie sociale. Dans la perspective de la construction du quartier « Le Grand Large » le plus grand quartier de ces trente dernières années à Dunkerque, il convient de poursuivre la mobilisation pour que le dernier né de l’urbanisation local soit un succès en terme architectural et de mixité.