Thursday, November 29, 2007

A Etaples, le PS fait de la discrimination positive...pour les énarques.(article paru dans le journal "Libération")





A Etaples (Pas-de-Calais), la fédération socialiste a préféré un jeune énarque parachuté au militant de terrain Bagdad Ghezal. Lors du Conseil fédéral du Pas de Calais chargé de ratifier les têtes de listes du département, le vote des militants a été invalidé. Avec plus 75% des suffrages Bagdad Ghezal est pourtant le candidat choisi des militants.


A l'heure de la démocratie participative et des appels à la rénovation, Etaples, port de pêche de 11 000 âmes, est le théâtre de pratiques politiques d'un autre âge.


Bagdad Ghezal est un militant associatif de 51 ans. Secrétaire de section, Bagdad a décidé de briguer l'investiture du PS pour être candidat à la succession du Maire Marcel Guerville. Face à lui, un autre candidat, soutenu par Vincent Léna (Secrétaire National du PS et "patron" des socialistes de la circonscription), est parachuté : Antoine de Rocquigny du Fayel, jeune énarque de 35 ans, directeur délégué TER à la SNCF de... Lille, à 150 km !


Jeudi soir, Bagdad Ghezal a été largement désigné par les militants socialistes locaux lors d'un vote interne. Il s'agit donc de l'exact contraire de la discrimination positive : Bagdad Ghezal, bien implanté grâce à un travail militant de terrain, jouit d'une vraie légitimité confirmée par sa large victoire.


En fait, la discrimination positive, c'est Antoine de Rocquigny du Fayel qui va en bénéficier puisqu'au Conseil fédéral (l'instance départementale du PS) de ce soir, c'est son nom qui sera très probablement proposé pour la tête de liste au mépris du vote qui a eu lieu... Explication de ses partisans : sa candidature serait plus "crédible".


Bizarrement, si l'on creuse un peu, on trouve un autre élément d'explication. Antoine de Rocquigny du Fayel et son principal soutien, Vincent Léna, partagent un point commun, assez rare : ils sont tous deux passés par l'ENA (pas dans la même promotion, ni sortis dans le même corps).


Ironie de la vie politique, mon camarade Vincent Léna semble avoir du mal à mettre en pratique dans sa circonscription les nobles principes qu'il affichait encore récemment dans un article de la Revue Socialiste: "S’il fallait une raison d’espérer, ce serait le vote massif que les jeunes des quartiers populaires ont exprimé pour la gauche à la présidentielle de 2007, après s’être inscrits en nombre sur les listes électorales. J’y vois un désir puissant de citoyenneté, que l’on a refusée à leurs parents lorsqu’ils venaient de l’immigration. J’y vois une source de militantisme et de renouveau pour les associations, les syndicats et les partis. J’y vois un espoir pour le Parti socialiste s’il sait s’appuyer sur eux pour se rénover, et porter leurs espérances au reste du pays. Je les appelle donc à entrer en résistance, et à refuser la société qu’on leur propose. Non pas en brûlant les voitures et en se repliant sur une communauté, mais en s’engageant au quotidien dans la vie citoyenne et politique, en allant chercher la place qu’on leur refuse."



Morale de la fable : la diversité, c'est bien, mais plutôt chez les autres...




Mehdi Ouraoui




PS: précision utile, je n'ai aucun lien, ni personnel, ni militant, ni professionnel, avec aucun des personnages de cette histoire




Edit 11h05 : je vous invite à lire l'interview de soutien de Malek Boutih à Bagdad Ghezal dans La Voix du Nord, "S'appeler Bagdad est un handicap : il faut dire stop, ça suffit !"

Thursday, November 22, 2007

Le Logement des étudiants internationaux à Dunkerque, réaction à l'article de "La Voix du Nord" d'aujourd'hui.

C’est avec circonspection et étonnement que nous avons pris connaissance de l'article de la Voix du Nord du 22 novembre relatif au logement des étudiants étrangers à Dunkerque et notamment de l’interview de Monsieur Henri LOORIUS, Adjoint au Maire de Dunkerque et Vice Président de la Communauté Urbaine de Dunkerque chargé de l’habitat.

Sans remettre en cause les efforts déployés par l’Université du Littoral pour tenter d’accueillir dans les meilleures conditions possibles les étudiants venus d’ailleurs, il est tout à fait évident que la question du logement des étudiants étrangers n’a jamais constitué, pour aucun des acteurs institutionnels du logement, une véritable préoccupation. Pire, ce dossier est tabou. Et ce n’est pas Monsieur Henri Loorius, Adjoint tout puissant, qui pourra dire le contraire.

En 2002 et alors que l’association « CEFIR » s’apprêtait à installer une Maison de l’Etudiant Etranger avec à la clé une vingtaine de studios, il a tout fait pour empêcher son installation.

Ce qui frappe, et la journaliste Camille RAAD y fait mention dans son article, c’est la répulsion que suscite chez Henri Loorius le terme même « d’étudiants internationaux ». Il récuse dans les termes mais aussi dans les faits, tous ce qui pourrait, à un moment ou un autre, constituer une réponse concrète à ce problème particulier et l’exemple du Cefir en témoigne.

Cela est vrai pour les étudiants étrangers mais cela est également vrai pour les dunkerquois de longue date dont le patronyme exotique empêche toute idée même de mobilité résidentielle.

A l’heure où l’on s’interroge sur l’attractivité de notre territoire et alors que certaines régions européennes redoublent d’efforts pour faire venir à elles des étudiants du monde entier pour doper leur croissance et leur performance, nous sommes une fois de plus à la traîne refusant, sous des prétextes fallacieux et parfois douteux, de mettre en œuvre une politique d’accueil innovante et ambitieuse dont notre territoire pourrait pourtant tirer partie.

Il est grand temps que l’ensemble des acteurs du logement se saisit de cette question et qu’enfin la Communauté Urbaine sorte de sa réserve pour décider une fois pour toute d’une politique claire et concrète en faveur d’un meilleur accueil des étudiants internationaux.

Sunday, November 18, 2007

Emotion au cimetière de Zuydcoote


C'est dans une émotion palpable que se sont déroulées les cérémonies du 11 novembre 2007 au Cimetière Militaire de Zuydcoote où reposent les corps de 75 Tirailleurs d'Afrique et du Maghreb morts entre 1915 et 1919 lors de la Bataille des Flandres.




Réunis autour du Président de l'association Nordine HENNI, de Monsieur Philippe DEFURNES Maire de Zuycoote et du Président de l'UNC-AFN de Zuydcoote, le public nombreux s'est recueilli en écoutant la lecture des noms des 75 poilus d'Afrique, prononcés par des enfants de l'école Jules Ferry de Leffrinckoucke et du Collège Gaspard Malo de Dunkerque.




L'hommage rendu dans la dignité et le souvenir a été ponctué par les allocutions du Président de l'association "Egalité Républicaine" et du Président de L'UNC - AFN qui a lu le message du Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants.