
Contacts :
Association "
Egalité Républicaine" Maison des Associations
59760 Grande-Synthe
PERMANENCES: les 1er et 3ème mercredis de chaque mois14h30 - 15h30
egaliterepublicaine@yahoo.frSuite à la conférence- débat
« Diversité Assumée ou Discrimination subie, Quel modèle pour la France ? »
Maison des Associations de Grande-Synthe
vendredi 27 octobre 06
La Maison des Associations de Grande Synthe accueillait ce vendredi 27 octobre 06 une conférence organisée par l’Association « Egalité Républicaine » et le MRAP ayant pour thème « Diversité assumée ou discrimination subie, quel modèle pour la France ? ». A la tribune, le sociologue Hervé Flanquaert, auteurs de plusieurs études sur le sujet, intervenait en duo avec Saïd BOUAMAMA, qui ne s’était pas déplacé physiquement en raison du décès d’un proche, mais dont le film de sa dernière conférence avait été diffusée en guise de contribution au débat.
Après avoir rappelé l’un et l’autre, les différentes formes de discriminations constatées dans leurs enquêtes, les deux sociologues se sont exprimés tour à tour sur l’ampleur du phénomène. Aujourd’hui il est évident que la discrimination s’est insinuée dans de nombreux champs de l’activité sociale et si les femmes ont été pendant très longtemps les premières victimes de ce fléau, les jeunes des quartiers sont aujourd’hui les principaux touchés. C’est principalement l’accès à l’emploi qui est aujourd’hui la source de tous les maux dans les quartiers et les jeunes présents ce soir là l’ont exprimé à leur manière. Se voir refuser un emploi parce qu’on est issu de tels ou tels quartiers désespère de plus en plus ces habitants et insupporte les responsables de l’association « Egalité Républicaine » pour qui la lutte contre les discriminations doit devenir une grande cause nationale. Toutes les entreprises de notre pays doivent se mobiliser et le moins que l’on puisse dire aujourd’hui, c’est qu’elles traînent un peu des pieds. C’est le sentiment de Djamila qui regrette qu’ « après les émeutes du mois de novembre 2005, nous n’ayons pas suffisamment avancé sur ces questions ». Pour Molkeir, militante engagée, « il faut que les jeunes se mobilisent et se joignent aux associations pour faire entendre leurs voix, attendre que le boulot vienne à soi n’a jamais été la solution » dit elle.
Il n’empêche que beaucoup de jeunes galèrent et à Dunkerque, Grande Synthe ou Saint Pol sur Mer par exemple, certains quartiers affichent des taux de chômage chez les jeunes avoisinants les 50 ou 60%. Comment faire pour sortir de cette situation dramatique ?
Certains, parmi le public, évoque l’Education et la carte scolaire qui sème la discorde. Celle qui selon cet élu de Fort Mardyck, favorise les ghettos scolaires et empêche un tirage vers le Haut.
Pour Bagdad Ghezal, Président de l’association Initiative Emploi et Citoyenneté à Etaples dans le Pas de Calais et co-organisateur de la conférence, « il faut probablement rendre la Diversité plus attrayante et moins connotée ». Dans le secteur de l’artisanat en direction duquel des efforts importants de pédagogie doivent être fait pour positiver la diversité, dit-il, il y un travail conséquent à mener pour convaincre les chefs d’entreprise de l’intérêt de recruter dans ces quartiers où la motivation et les compétences existent.
Mais là où la situation est la plus désespérante, selon Nordine HENNI le Président de l’association « Egalité Républicaine » c’est la Fonction Publique. Dans ce domaine, dit-il, elle ne donne pas l’exemple. Les chiffres collectés par l’association auprès des collectivités territoriales notamment sont éloquents et même si le Président refuse de citer des noms, il se dit très préoccupé, car les choses bougent beaucoup trop lentement. « Nous voulons que dans ce domaine, les collectivités en fassent plus sinon comment voulez vous que le reste de la société bouge ? ». L’appel sera t-il entendu par les politiques ?
En tous cas il en été très largement question y compris lorsque certaines voix venant de la salle se sont élevées pour regretter l’absence quasi systématique d’élus issus de l’immigration dans les conseils municipaux de l’agglomération. A la veille de scrutins fondamentaux pour les quartiers, toute la salle était unanime pour dire qu’elle veillera coûte que coûte à ce que la diversité soit enfin respectée en politique et tous peuvent, semble t-il, compter sur l’association « Egalité Républicaine » pour le faire savoir.
Pour autant, la politique à elle seule ne peut pas tout régler. Il faut que chacun se sente acteur. La véritable réponse à ce mal absolu, réside chez chacun d’entre nous. Les victimes ne doivent pas se laisser aller à alimenter un sentiment victimaire qui ne résoudra rien mais comme le dit fort bien Aïssa ZAIBET du MRAP, « il faut que les victimes ne soit pas oubliés car les traumatismes engendrés par ces situations sont terribles pour la société ».
Les associations ont du pain sur la planche mais elles sont convaincues que l’image des cités changera car l’énergie, les compétences et la volonté des gens qui y habitent, sont de loin, plus développés qu’ailleurs…
Le prochain rendez vous de l’association « Egalité Républicaine » est prévu le jeudi 09 novembre 2006 pour la soirée organisée au cinéma Le Varlin avec l’AJS à l’occasion de la diffusion du film « Indigènes ». Un très beau moment en perspective avec la venue de Tirailleurs sénégalais et maghrébins, témoins vivants et admirables, qui viendront parler de leurs vies d’hier et d’aujourd’hui. A ne pas manquer !
COMMUNIQUE DE L’ASSOCIATION« EGALITE REPUBLICAINE »
Les événements tragiques qui sont à l'origine de l’embrasement des cités constituent une terrible régression. La mort de deux gamins fuyant l'épouvantable réputation de la Police Nationale dans ces quartiers reflète un échec collectif majeur dont il convient de tirer toutes les conséquences.
Ces deux enfants qui n'avaient, en effet, aucune mauvaise intention n'étaient pas connus des services de police. Qu'il n'y ait pas eu de poursuite ne change rien à la donne. S'enfuir devant l'arrivée de la Police montre bien que celle ci est aujourd'hui davantage perçue comme une menace pour une majorité des jeunes qui vivent dans ces quartiers.
Cela n'enlève en rien à la difficulté de la tâche des policiers de ces grands ensembles. Ils font face à des situations parfois périlleuses et il est évident que son travail qui consiste à réprimer la délinquance et même parfois le crime est nécessaire et nous devons, de ce point de vue, faire preuve de responsabilité. L'institution n'est pas en cause. Par contre la dérive de certaines pratiques policières observée et souvent couverte par la hiérarchie, est préoccupante et particulièrement néfaste. Nous ne voulons cependant pas faire porter la responsabilité aux seuls agents de police. La réalité est que ce corps est, comme tous les autres, sous la responsabilité des dirigeants de notre pays. C'est en leur direction que nos griefs vont prioritairement. Si le service public de la police nationale est défaillant, c'est d'abord le fait du Ministère de l'Intérieur.
Car si le facteur déclenchant de ces troubles est en l’occurrence l'attitude de la police, il n'est pas, en soi, suffisamment pertinent pour comprendre la situation. Car si c'est le comportement seul de la police qui est à l'origine de ce déclenchement, alors il suffirait de corriger cette attitude pour régler le problème du malaise et du mal vivre dans ces banlieues. Or et faut-il le souligner, la difficulté provient essentiellement du vide sidéral qui entoure ces gamins. Des gamins qui sentent bien que désormais, ils n'ont plus rien à attendre de l'Etat. Cet Etat qui est aujourd'hui pris en otage par les prétentions présidentielles d'une classe politique qui s’éloigne dangereusement des préoccupations des citoyens.
Une fois que nous avons dit cela, la question qui se pose est de savoir ce que nous devons faire dans les heures qui viennent.
Nous croyons nécessaire de rassurer les français sur ces événements car l'inquiétude qu'ils manifestent devient extrêmement palpable. Nous devons leur expliquer - sans justifier le recours à la violence que nous condamnons sans état d'âme - que ces jeunes réclament de nous de l'attention face au désarroi qui est le leur. Nous ne pouvons pas continuer à faire comme s’ils n'existaient pas. C'est cette situation que beaucoup de nos concitoyens dénoncent lorsqu'ils évoquent l’état d’abandon de notre jeunesse. Notre société est devenue indifférente à la situation sociale qu'ils vivent, à la situation de discriminations permanentes qu'ils subissent, à la pression psychologique qui les renferme dans des schémas impossibles entre le délinquant irrécupérable et le barbus décérébré. Cette situation est devenue intenable parce qu’elle interdit toute projection dans l’avenir.
Ces gamins livrés à la vindicte tous les jours sont nos enfants. Ne les abandonnons pas à leur sort !
Depuis plusieurs jours déjà, l’association Egalité Républicaine ne ménage aucun effort pour tenter de ramener le calme et l’apaisement au cœur même des quartiers de l’agglomération. Si force doit rester à l’ordre républicain, la répression ne peut être l’unique réponse.
Dans les heures et jours qui viennent et alors que nous refusons le rôle de pompier des cités que l’on voudrait bien nous voir assumer, nous allons continuer à faire ce que nous croyons être notre devoir c’est à dire, multiplier les appels au calme.
Il nous semble qu’aujourd’hui la confrontation doit céder la place dans l’agglomération dunkerquoise à un dialogue exigeant et constructif.